10/03/2008

L'Histoire dans le cinéma anglo-américain d'Anthony Bochon

Filmer la réalité. Ou l'imaginer. Bon nombre d'oeuvres cinématographiques s'ancrent dans un contexte historique particulier. Les cinémas américain et anglais, fort dominants en Europe occidentale, ont maintes fois traité de l'Histoire. Comment ? A quelles fins ? Telles sont les questions auxquelles il convient de répondre, par une analyse détaillée de films qui ont fait les succès et scandales du monde du cinéma anglo-américain, ses vedettes et ses polémiques. Quelques oeuvres, choisies parmi tant d'autres, allant de Chaplin à Eastwood en passant par Spielberg, servent d'illustration à un parcours et une réflexion sur la façon dont Histoire et cinéma entretiennent des rapports.

Editions Le Manuscrit, 14.90 euros

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05/04/2005

Million Dollar Baby : Eastwood au sommet de son art

Lors de la dernière cérémonie des oscars, le 27 février dernier, "Million Dollar Baby" a triomphé face au "The Aviator" donné favori dans les premiers temps de la compétition à la statuette dorée mais finalement battu par K.O. par cette oeuvre à petit budget ayant déjà glané les récompenses les plus prestigieuses du cinéma américain (Golden Globes, DGA Award, ...) et s'est ainsi vu attribuer, à juste titre, quatre des oscars les plus prestigieux : meilleur film (Clint Eastwood, Albert S. Ruddy, Tom Rosenberg), meilleur réalisateur (Clint Eastwood), meilleure actrice (Hillary Swank), meilleur second rôle masculin (Morgan Freeman).
 
Adapté du roman "Burn ropes" ("Cordes brûlées") de l'ex-entraineur de boxe F.X. Toole, (décédé depuis) par le scénariste Paul Haggis, ce mélodrame puissant derrière son aspect de film de boxe, plusieurs grand thèmes qui en font plus qu'un simple film de boxe, féminine ici : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux; le star-system et le fanatisme du public; les relations familiales; la foi chrétienne; la maladie; la vieillesse; l'euthanasie.
 
Résumer l'histoire serait anticiper le coup de poing que nous envoie ce film au moment le plus inattendu. Nous nous contenterons donc de présenter la situation au début du film, celle de Frankie Dunn,'un vieil entraîneur de boxe (Clint Eastwood) courant après une gloire qui lui a fait défaut jusqu'ici et voit débarquer dans sa salle de sport Maggie Fitzgerald (Hillary Swank), une jeune femme désirant sortir de la misère en devenant boxeuse et qui demande que Frankie soit son coach, ce qu'il refuse d'abord. Mais son vieux comparse Eddie Scrap (Morgan Freeman) va le persuader d'entraîner Maggie ...
 
Le mythe vivant du cinéma mondial qu'est Clint Eastwood réalise ici, à 74 ans, un authentique tour-de-force en mettant en scène et interprétant ce chef-d'oeuvre qu'est "Million Dollar Baby". Il n'a pas volé son oscar de meilleur réalisateur, nous donnant une véritable leçon de cinéma, avec des plans ingénieux et, comme l'on déjà fait remarquer plusieurs critiques, ne nous offrant aucune image inutile: il n'y a aucune longueur dans ce film et chaque plan relève d'un travail remarquable de mise en scène (pensons à ces combats de boxes filmés avec dynamisme et cruauté, la violence de ce sport nous apparaissant comme insupportable quand elle touche l'héroïne à qui le spectateur a pris le temps de s'attacher). De plus, Eastwood l'acteur s'est trouvé devant sa propre caméra une de ses meilleures performances, celle d'un homme âgé -pour la première fois, Eastwood accuse le poids des ans devant la caméra- rongé par des tourments intimes qui marquent son visage (l'expressivité du jeu est frappante chez Clint Eastwood).
 
Enfin, que dire des performances oscarisées d'Hillary Swank et de Morgan Freeman, sinon qu'elles ont trouvé leur juste récompense. Hillary Swank incarne de tout son corps la boxeuse Maggie, mêlant émotion dans les moments intimes et réelle prouesse physique lors des scènes d'entrainement et de combat, traduisant avec brio la rage de vaincre de son personnage et, l'expression se justifiera dans le film, sa volonté de réussir sa vie. Morgan Freeman a enfin trouvé le rôle qui lui a permi une reconnaissance par ses pairs, son personnage servant d'observateur et de narrateur dans le film, vieux boxeur nostalgique du ring, vieux baroudeur au coeur tendre, témoin de la relation filiale entre Frankie et Maggie.
 
Assurément, ce film est unique à plus d'un titre, ses qualités artistiques évidentes (réalisateur, interprétation, scénario, montage, photographie, musique signée Clint Eastwood) rendant ce chef-d'oeuvre d'autant plus précieux que très peu de films ces dernières années ont réussi à combiner cinéma d'auteur et audience grand public. Sans l'ombre d'un doute, "Million Dollar Baby" aura sa place au panthéon du cinéma.

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01/03/2005

Palmarès des Oscars 2004

"Million Dollar Baby" de Clint Eastwood domine les oscars
 
Notre pronostic s'est avéré exact : le dernier film de Clint Eastwood a triomphé en remportant les oscars du meilleur film, réalisateur (doublé pour Eastwood, qui avait déjà réussi à décrocher les deux mêmes oscars en 1993 pour son chef-d'oeuvre "Impitoyable"), actrice (doublé également,après une victoire en 2000) pour Hillary Swank et meilleur second rôle masculin pour un Morgan Freeman enfin récompensé (après avoir perdu de peu pour "Miss Daisy et son chauffeur" en 1990).
 
Jamie Foxx a gagné pour "Ray", sans grande surprise non plus. Cate Blanchett a remporté l'oscar pour le meilleur second rôle féminin pour "The Aviator", le film de Scorsese étant jusqu'il y a peu donné favori avec ses 11 nominations mais triomphant finalement avec 5 oscars, dont 4 techniques, le film d'Eastwood ayant eu l'opportunité unique de sortir dans les derniers jours d'éligibilité pour les oscars 2004, de proposer un récit à émotions fortes ("The Aviator" souffre d'un manque d'émotion, sans quoi, il serait un chef-d'oeuvre) et de bénéficier d'une équipe technique et d'un casting tous aussi exceptionnels que l'oeuvre de Scorsese, battu sans grande surprise pour l'oscar du meilleur réalisateur après une série de prix pour Eastwood.
 
Eastwood devient ainsi membre de ce cercle priviligié des doubles vainqueurs aux oscars pour le meilleur réalisateur et meilleur film, recordman désormais dans ces catégories à 74 ans. Sur la photo, vous le reconnaitrez aux côtés des deux autres producteurs du film (qui, comme le veulent les status des oscars, reçoivent la statuette du meilleur film, le réalisateur ne la reçevant a priori pas, à moins d'être aussi le producteur comme Clint) dont un n'est autre qu'Albert S. Ruddy, oscar du meilleur film en 1972 pour "Le Parrain", qui avait été présenté par ... Clint Eastwood. Ce qui a valu à Ruddy de dire : "Clint, tu es un génie, en 1972, tu m'as offert l'oscar, cette année, tu l'as encore fait !"
 
 FILM: "Million Dollar Baby", de Clint Eastwood.

- REALISATEUR: Clint Eastwood, "Million Dollar Baby".

- ACTEUR: Jamie Foxx, "Ray".

- ACTRICE: Hilary Swank, "Million Dollar Baby".

- SECOND ROLE MASCULIN: Morgan Freeman, "Million Dollar Baby".

- SECOND ROLE FEMININ: Cate Blanchett, "Aviator".

- SCENARIO ADAPTATION: Alexander Payne et Jim Taylor, "Sideways".

- SCENARIO ORIGINAL: Charlie Kaufman, Michel Gondry et Pierre Bismuth, "Eternal Sunshine of the Spotless Mind".

- FILM ETRANGER: "Mar Adentro", d'Alejandro Amenabar (Espagne).

- DESSIN ANIME: "Les Indestructibles".

- COURT METRAGE D'ANIMATION: "Ryan".

- COURT METRAGE: "Wasp".

- DOCUMENTAIRE: "Born Into Brothels".

- COURT METRAGE DOCUMENTAIRE: "Mighty Times: The Children's March".

- DECORS: "Aviator".

- PHOTO: "Aviator".

- MONTAGE: "Aviator".

- COSTUMES: "Aviator".

- MAQUILLAGE: "Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire".

- MUSIQUE ORIGINALE: "Neverland".

- CHANSON ORIGINALE: "Al Otro Lado Del Rio", de "Carnets de Voyage".

- MONTAGE SON: "Les Indestructibles".

- MIXAGE SON: "Ray".

- EFFETS SPECIAUX VISUELS: "Spider-Man 2".

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- Oscar d'honneur: Sidney Lumet.

- Prix humanitaire Jean Hersholt: Roger Mayer.

- Prix technique Gordon E. Sawyer: Takuo Miyagishima.

- Oscars scientifiques et techniques: Horst Burbulla, Jean-Marie Lavalou, Alain Masseron et David Samuelson.



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Palmarès des Césars 2004

Victoire de "L'esquive" aux Césars et de Yolande Morreau
 
Le palmarès inattendu des césars du cinéma a mis hors course les deux favoris, la superproduction de Jean-Pierre Jeunet "Un long dimanche de fiançailles" et "Les Choristes", succès-surprise qui a valu au cinéma hexagonal de dominer son propre box-office, à la faveur d'un chauvinisme remis au goût du jour.
 
Ce palmarès est avant tout le triomphe du cinéma indépendant, celui de femmes et hommes du septième art dont l'oeuvre ou la prestation est le résultat d'un travail acharné dans un climat où le succès public est difficillement devenu possible sans de gros moyens techniques, de têtes d'affiche connues ou un thème racoleur. Néanmoins, il est à déplorer que Jeunet n'aie pas reçu le prix du meilleur réalisateur, sa mise en scène remarquable ayant cette touche particulière tout en demeurant différente de ses réalisations précédentes. Nous ne jugerons pas "L'esquive" ni "Quand la mer monte", la critique ayant été très favorable et n'ayant nous-même pas vu ces productions. Il demeure cependant certain que "Un long dimanche de fiançailles" recèle de performances méritant une reconnaissance.
 

- MEILLEUR FILM FRANCAIS DE L'ANNEE

"L'esquive" réalisé par Abdellatif Kechiche

- MEILLEUR ACTEUR

Mathieu Amalric dans "Rois et Reine"

- MEILLEURE ACTRICE

Yolande Moreau dans "Quand la mer monte"

- MEILLEUR REALISATEUR

Abdellatif Kechiche pour "L'esquive"

- MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

Clovis Cornillac dans "Mensonges et trahisons et plus si affinités..."

- MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

Marion Cotillard dans "Un long dimanche de fiançailles"

- MEILLEUR JEUNE ESPOIR MASCULIN

Gaspard Ulliel dans "Un long dimanche de fiançailles"

- MEILLEUR JEUNE ESPOIR FEMININ

Sara Forestier dans "L'esquive"

- MEILLEUR PREMIER FILM

"Quand la mer monte" réalisé par Gilles Porte et Yolande Moreau

- MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL OU ADAPTATION

Abdellatif Kechiche, Ghalya Lacroix, pour "L'esquive"

- MEILLEURE MUSIQUE ECRITE POUR UN FILM

Bruno Coulais pour "Les choristes"

- MEILLEUR COURT-METRAGE

"Cousines" de Lyes Salem

- MEILLEURE PHOTO

Bruno Delbonnel pour "Un long dimanche de fiançailles"

- MEILLEURS DECORS

Aline Bonetto pour "Un long dimanche de fiançailles"

- MEILLEUR SON

Daniel Sobrino, Nicolas Cantin, Nicolas Naegelen, pour "Les choristes"

- MEILLEURS COSTUMES

Madeline Fontaine pour "Un long dimanche de fiançailles"

- MEILLEUR MONTAGE

Noëlle Boisson pour "Deux frères"

- MEILLEUR FILM DE L'UNION EUROPEENNE

"Just a Kiss" réalisé par Ken Loach et "La vie est un miracle" réalisé par Emir Kusturica

- MEILLEUR FILM ETRANGER

"Lost in Translation" réalisé par Sofia Coppola


 
 

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26/02/2005

Evaluation des films vus en janvier-février

The assassination of Richard Nixon : ***
Avec Sean Penn , Naomi Watts, Don Cheadle
 
Interprétation toute en retenue d'un Sean Penn malmené par une société de consommation dont l'incarnation la plus marquante est le président Nixon. Dès lors, pour tuer cette société de consommation, il lui faut tuer le président Nixon ...
 
Der Untergang : ****
Avec Bruno Ganz
 
Les derniers jours d'Hitler dans son bunker, entouré des fidèles qui demeurent jusqu'à la fin ou l'abandonnent, l'emballement fou d'un esprit torturé et génocidaire borné dans l'illusion d'une impossible victoire tandis que le Reich s'effondre et que chacun pense à son avenir après la chute ...
 
The Aviator : ****
De Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Alan Alda, Alec Baldwin
 
20 ans de la vie du magnat Howard Hugues vus par un des plus grands cinéastes américains encore en vie, avec son style particulier, qui fait d'une superproduction un drame troublant, sur un esprit tourmenté qui a dominé l'Amérique durant de nombreuses années jusqu'à se fondre dans ce rêve américain obsédant et isolant. (la photo proposée est extraite du film)
 
Le Promeneur du Champs de Mars : ****
De Robert Guédigan, avec Michel Bouquet
 
Michel Bouquet incarne de manière époustouflante le président français François Mitterrand dans les derniers mois de sa vie et de sa présidence, qui livre ses réflexions et interrogations sur l'Histoire, la mort, la vie, les humains, à un jeune journaliste de gauche.
 
Sideways : ***
D'Alexander Payne, avec Paul Giamatti, Virginia Madsen, Thomas Haden-Church
 
Deux amis, l'un écrivain raté et dépressif chronique depuis son divorce, l'autre acteur de série B, coureur de jupons allant se marier dans une semaine, décident pour enterrer la vie de garçon du futur marié de faire la route des vins en Californie. Mais leur périple leur vaut des rencontres qui engendrent des remises en question troublantes, agrémentées de vins. Comédie dramatique du cinéma indépendant américain, par le réalisateur de About Schmidt.
 

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Pronostics pour les OSCARS 2004

Meilleur film : Million Dollar Baby (Clint Eastwood) ou The Aviator (Martin Scorsese)
 
Meilleur réalisateur : Clint Eastwood, Million Dollar Baby
 
Meilleure actrice : Hillary Swank, Million Dollar Baby
 
Meilleur acteur : Jamie Foxx, Ray
 
Meilleur second rôle féminin : Cate Blanchett, The Aviator
 
Meilleur second rôle masculin : Morgan Freeman, Million Dollar Baby
 
Meilleur scénario d'adaptation : Sideways (Alexander Payne)
 
Meilleur scénario original : Eternal Sunshine of the spotless mind (Charlie Kauffman)
 
Meilleur film étranger : Mar Adentro (Alejandro Amenabar) ou Der Untergang (Olivier Hiershbiegel)

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Pronostics pour les Césars 2004

Meilleur film : Les Choristes
 
Meilleur réalisateur : Jean-Pierre Jeunet, Un long dimanche de fiançailles
 
Meilleure actrice : Audrey Tautou, Un long dimanche de fiançailles
 
Meilleur acteur : Benoît Poelvoorde, Podium
 
Meilleur film de l'Union Européenne: La vie est un miracle (Emir Kusturica)
 
Meilleur film étranger: Fahrenheit 9/11 (Michael Moore)
 
 

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